Maison centrale de Conakry : les avocats bloqués à la rentrée.

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Ce mardi 02 mars, le pool d’avocat des détenus « politiques » s’est vu refusé l’accès de la prison civile de Conakry pour voir leurs clients. En compagnie d’un huissier de justice et de quelques proches des détenus, l’administration pénitentiaire a refusé tout accès.

Une situation jugée incompréhensible aux yeux de Me Amadou Diallo porte-parole des avocats de la défense.

<< Je ne comprends pas pourquoi on peut nous interdire d’accéder à nos clients d’autant plus que nous sommes régulièrement constitués et nos clients n’entendent pas changer d’avocats. Nous avons été constitués, donc nous restons et demeurons leurs avocats. Donc nous pouvons normalement les rencontrer à tout moment pendant la période de détention provisoire mais également dans l’éventualité où ils seront condamnés. Nous avons le droit de les rencontrer, ils ont le droit de nous rencontrer. Encore une fois, je pense que c’est une atteinte grave à l’État de droit, c’est une atteinte aux droits fondamentaux et c’est même une atteinte grave à l’exercice de la profession d’avocat. >>

Contrairement aux annonces antérieures, le pool d’avocats précise qu’il n’a jamais démissionné du dossier. Il a juste suspendu sa participation à l’instruction pour le non-respect de la procédure normale. Me Amadou DIALLO.

<< Nous restons et demeurons avocats de nos clients qui sont incarcérés ici à la maison centrale. Nous avons simplement suspendu notre participation à l’interrogatoire de nos clients devant le juge d’instruction puisque nous avons constaté qu’un certain nombre de règles qui sont pertinentes du code de procédure pénale n’ont pas été respectés. >>

L’avocat Amadou Diallo dit n’avoir aucune nouvelle de ses clients mais qu’à travers les parents de ceux-ci, ils seraient détenus dans les conditions difficiles.

« On n’a pas de nouvelles puisqu’on n’a pas accès à eux. Depuis un certain moment, on n’a pas accès à nos clients. Nous avons appris à travers les membres de leurs familles que leurs conditions de santé se détériorent chaque jour, qu’il y a eu un durcissement de leurs conditions de détention. C’est tout ce que nous pouvons vous dire. »

Aucun motif de ce refus n’a été notifié aux avocats qui réitèrent leur volonté à poursuivre des actions juridiques pour obtenir justice pour leurs clients.

Emmanuel Boèboè BEAVOGUI

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