Interdiction des activités culturelles : les acteurs culturels de nouveau dans l’angoisse !

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Le retour imprévu de la maladie hémorragique à virus ebola impose une nouvelle pratique sanitaire à cause de sa rapide mutation. Face à cette résurgence et pour éviter la propagation du virus, le gouvernement interdit l’animation des concerts, les foires, les dédicaces et autres activités. Désormais, il est formellement interdit de se réunir à plus de 50 personnes. Une décision qui affecte les activités culturelles déjà programmées. C’est le cas du grand bazar de Conakry qu’envisage d’organiser la structure Benedy Record. Ibrahim Kalil Dioubaté l’administrateur de ladite structure parle d’une annonce qui fait froid dans le dos.

« C’est une mauvaise nouvelle pour nous mais, puisque c’est une décision de l’Etat, nous n’avons pas de choix. Sinon, nous étions dans une préparation pour notre événement. Déjà, les participants ont déjà payé les stands. Vous savez, c’est la première édition de la foire commerciale de Conakry et nous étions dans la phase installation des stands. Nous sommes à 80% dans la préparation  », a-t-il expliqué.

Même réaction du côté de la structure Vision Pub de Salim Souaré qui digère difficilement cette décision gouvernementale. Pour ce prometteur culturel, le gouvernement pouvait éviter cette décision.

« Venir interdire ou suspendre carrément les activités, moi je ne trouve pas cela salutaire. C’est vrai que la crise sanitaire est passée par là et même si chacun de nous veut que cette crise quitte maintenant chez nous il faut toutefois savoir qu’il y’a une vie économique. Certes, nous avons peur de la crise sanitaire mais il faut avoir aussi peur de tuer l’économie dans notre pays. Donc, c’est dans ce sens que nous les opérateurs culturels travaillons pour que nous puissions faire ce que nous savon faire, animer la ville et puis travailler pour l’épanouissement de la culture guinéenne. Pour nous, c’est une décision du deux poids deux mesures parce que, ce ne sont pas les spectacles qui favorisent cette résurgence. Pour preuve, lors des spectacles, on gère le nombre, le port de masque, le lavage des mains. Ce qui est totalement contraire dans les marchés.  »

Face à cette décision et n’ayant plus aucune solution plausible, l’administrateur de la structure Benedy record sollicite l’aide de l’Etat pour compenser les pertes.

« Il faut que vraiment le gouvernement nous accompagne pour compenser les pertes. Déjà, nous avons nos partenaires qui reviennent pour réclamer leur argent. Les gens qui ont acheté les stands ont commencé à appeler pour demander des explications. Cependant, nous avons déjà investi de l’argent pour régler certains paramètres. Donc, nous sollicitons une aide financière de l’Etat pour faire face à cette inquiétude », sollicite Ibrahim Kalil Dioubaté.

Il convient de rappeler que c’est la deuxième décision du genre en l’espace d’un an avec le gouvernement guinéen.

Marie Hélène Bangoura

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